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Edito : Repenser le travail
"Une société sans Travail", "travailler deux heures par jour". Des thèmes débattus pendant le plein Emploi, et qui ont disparu depuis que le chomage a atteint des niveaux alarmants. C'est au moment où nous en aurions le plus besoin que la réflexion sur le rôle du travail dans la société est absente. Il y a pourtant là un vrai sujet de développement durable, d'autres voies de sortie de crise que l'adoration des veaux d'or PIB et plein emploi. (11 mars 2010)
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Dominique Bidou |
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Écrit par Dominique Bidou
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Lundi, 08 Mars 2010 00:00 |
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Le sens de l’histoire
« Le temps du monde fini commence ». Dès 1945, l’annonce d’une nouvelle période dans la vie de l’humanité nous était faite par Paul Valéry(1). Le sens de l’histoire est bien là : les pratiques extensives, fondée sur l’hypothèse d’un monde infini, doivent laisser la place à de nouveaux modes de vie, de nouvelles manières de produire et de consommer. C’était à la fin d’un conflit destructeur, et il faut bien le dire, cette annonce n’a pas eu le succès qu’elle aurait mérité. Nous sommes repartis « comme en 40 », pour reconstruire à tout va, la quantité avant tout. On oublia tout ça. Ce furent ensuite les « 30 glorieuses », qui ont conduit à un constat tiré à la veille des évènements de mai 1968 : La France s’ennuie(2), tandis que Bertrand de Jouvenel reprenait les propos de Paul Valéry sous une autre forme : « Nous n’habitons plus la même planète que nos aïeux : la leur était immense, la nôtre est petite(3). »
L’autisme apparent de la société a conduit peu après des groupes d’experts et d’industriels à crier casse cou, halte à la croissance(4), cri d’alarme resté sans suites immédiates mais fondateur de nouvelles réflexions. Le développement durable en est un des fruits, la recherche d’un autre mode de développement, adapté à ces nouvelles réalités.
Celles-ci sont parfois gênantes. Il faut abandonner des certitudes bien ancrées, remettre en question des modes de penser, laisser tomber ses bonnes vieilles habitudes, et parfois même prendre du recul par rapport à ce que l’on appelle du bon sens. Le système de référence a changé, les relations entre les acteurs seront bousculées, et notre univers est devenu instable, il faut le reconstruire, l’inscrire dans un nouveau cadre. La société résiste, elle attend des avertissements. Les prévisions des chercheurs sont incertaines, le pire n’arrive pas toujours. « Attendons avant de changer » a été la règle, une règle qui coute très cher quand on se réveille. L’effet de serre et le réchauffement climatique a été une des sonnettes d’alarme. D’autres, comme l’appauvrissement de la diversité biologique, la progression des déserts, la productivité décroissante des pêches en mer, les crises alimentaires, les risques d’approvisionnement sur certaines matières premières, auraient pu tout aussi bien nous alerter, et on s’aperçoit d’ailleurs qu’elles sont souvent corrélées. Le sens de l’histoire est de relever plusieurs défis à la fois, nourrir et faire bien vivre plus de monde d’un côté, et préserver le patrimoine productif de l’humanité de l’autre.
Le message a mis du temps à passer, pollué qu’il est souvent d’annonces messianiques, avec culpabilité et châtiment bien mérité. Tous coupables entend-on trop souvent. Le sens de l’histoire n’est pas là, il est dans la recherche de solutions innovantes, qui nous feront découvrir de nouveaux horizons. Pas de quoi se flageller, mais au contraire, de quoi se stimuler, stimuler au moins tous ceux qui ont le goût d’entreprendre, de découvrir des voies nouvelles.
Le Grenelle de l’environnement s’inscrit dans cette évolution. On s’y met tous ensemble, et on relève des défis. Le secteur du bâtiment est en première ligne. La moitié des milliards d’euros qui seront dépensés pour le Grenelle le seront dans ce secteur. On aurait pu craindre qu’il n’arrive à un mauvais moment. Vous vous rendez compte : 3,5 millions de mal logés en France, l’urgence n’est pas dans la qualité, l’effet de serre attendra, logeons tous ces gens-là d’abord, nous verrons ensuite pour les performances énergétiques. Voilà un raisonnement qui aurait bien pu être tenu, mais qui ne l’a pas été, fort heureusement. Les acteurs concernés ont choisi une autre voie, celle du sens de l’histoire, du progrès multiforme. La quantité et la qualité. Puisqu’il faut changer de système de référence, puisqu’il va falloir adopter des techniques et des organisations différentes, alors faisons en sorte de satisfaire ces deux objectifs à la fois. C’est ça le développement durable, une position ambitieuse, avec une part de risque mais aussi une volonté collective d’un ensemble de professions.
Face à ce constat pour le bâtiment, on ne peut qu’être consterné par le spectacle donné par l’agriculture. Un secteur qui connait manifestement une crise profonde, et un avenir incertain avec l’évolution de la politique agricole commune, et des échanges internationaux de plus en plus ouverts. L’environnement y tient un rôle important, au point qu’un directeur le l’agriculture à l’OCDE a pu affirmer, il y a plus de 10 ans, que « les politiques environnementales auront un impact peut-être plus fort sur l’agriculture que les politiques agricoles ». Le sens de l’histoire est bien sûr de relever tous les défis à la fois, un revenu décent pour les agriculteurs, une production de denrées pour l’alimentation et de matières premières (pour l’industrie, le bâtiment, l’énergie), et une contribution affirmée à la protection de l’environnement (régime et qualité des eaux, paysage, biodiversité, sols, etc.). Toute autre solution serait une victoire à la Pyrrhus, une amélioration immédiate dont le coût final serait bien lourd. Le report à plus tard de cette phase de « rupture » et d’innovation est un grand classique, encore un instant Monsieur le bourreau ! Il n’arrange rien, et ne fait qu’amplifier les changements qu’il faudra bien engager, par exemple pour lutter à la source contre les marées vertes et créer des exploitations lait-biogaz comme on les trouve en Allemagne, offrant à l’agriculteur un revenu diversifié, et luttant efficacement contre une pollution agricole. Productivité et respect de l’environnement ne sont pas ennemis, c’est juste une autre approche, une autre manière de voir les choses. L’hypothèse d’un desserrement des contraintes environnementales, émise au salon de l’agriculture qui vient de fermer ses portes, serait un retour au passé. Attention à ne pas se tromper de futur.
1 - Dans Regards sur le monde actuel
2 - Pierre Viansson-Ponté dans Le Monde daté du 15 mars 1968
3 - Arcadie, Essais sur le mieux vivre, 1968
4 - Halte à la croissance ? titre français d'un rapport rédigé en 1970 par une équipe du Massachusetts Institute of Technology à la demande du Club de Rome et publié sous le titre "The Limits of Growth" (Les limites de la croissance).
Le temps du monde fini commence. Dès 1945, l’annonce d’une nouvelle période dans la vie de l’humanité nous était faite par Paul Valéry(1). Le sens de l’histoire est bien là : les pratiques extensives, fondée sur l’hypothèse d’un monde infini, doivent laisser la place à de nouveaux modes de vie, de nouvelles manières de produire et de consommer. C’était à la Fin d’un conflit destructeur, et il faut bien le dire, cette annonce n’a pas eu le succès qu’elle aurait mérité. Nous sommes repartis comme en 40, pour reconstruire à tout va, la quantité avant tout. On oublia tout ça. Ce furent ensuite les 30 glorieuses, qui ont conduit à un constat tiré à la veille des évènements de mai 1968 : La France s’ennuie (2), beau résultat, tandis que Bertrand de Jouvenel reprenait les propos de Paul Valéry sous une autre forme : Nous n’habitons plus la même planète que nos aïeux : la leur était immense, la nôtre est petite (3).
L’autisme apparent de la société a conduit peu après des groupes d’experts et d’industriels à crier casse cou, halte à la croissance (4), cri d’alarme resté sans suites immédiates mais fondateur de nouvelles réflexions. Le développement durable en est un des fruits, la recherche d’un autre mode de développement, adapté à ces nouvelles réalités.
Celles-ci sont parfois gênantes. Il faut abandonner des certitudes bien ancrées, remettre en question des modes de penser, laisser tomber ses bonnes vieilles Habitudes, et parfois même prendre du recul par rapport à ce que l’on appelle du Bon sens. Le Système de référence a changé, les relations entre les acteurs sont bousculées, notre univers est devenu instable, il faut le reconstruire, l’inscrire dans un nouveau cadre. La société résiste, elle attend des avertissements. Les prévisions des chercheurs sont incertaines, le pire n’arrive pas toujours. Attendons avant de changer a été la règle, une règle qui coute très cher quand on se réveille. L’effet de serre et le réchauffement climatique a été une des sonnettes d’alarme. D’autres, comme l’appauvrissement de la diversité biologique, la progression des déserts, la Productivité décroissante des pêches en Mer, les crises alimentaires, les Risques sur l'approvisionnement de certaines matières premières, auraient pu tout aussi bien nous alerter, et on s’aperçoit d’ailleurs qu’elles sont souvent corrélées. Le sens de l’histoire est de relever plusieurs Défis à la fois, nourrir et faire bien vivre plus de monde d’un côté, et préserver le patrimoine productif de l’humanité de l’autre.
Le message a mis du temps à passer, pollué qu’il est souvent d’annonces messianiques, avec culpabilité et châtiment bien mérité. Tous coupables entend-on trop souvent. Le sens de l’histoire n’est pas là, il est dans la recherche de solutions innovantes, qui nous feront découvrir de nouveaux horizons. Pas de quoi se flageller, et au contraire, de quoi se stimuler, stimuler au moins tous ceux qui ont le goût d’entreprendre, de découvrir des voies inédites.
Le Grenelle de l’environnement s’inscrit dans cette évolution. On s’y met tous ensemble, et on relève des défis. Le secteur du bâtiment est en première ligne. La moitié des Milliards d’euros qui seront dépensés pour le Grenelle le seront dans ce secteur. On aurait pu craindre qu’il n’arrive à un mauvais moment. Vous vous rendez compte : 3,5 millions de mal logés en France, l’Urgence n’est pas dans la Qualité, l’effet de serre attendra, logeons tous ces gens-là d’abord, nous verrons ensuite pour les performances énergétiques. Voilà un raisonnement qui aurait bien pu être tenu, mais qui ne l’a pas été, fort heureusement. Les acteurs concernés ont choisi une autre voie, celle du sens de l’histoire, du progrès multiforme. La quantité et la qualité. Puisqu’il faut changer de système de référence, puisqu’il va falloir adopter des techniques et des organisations différentes, alors faisons en sorte de satisfaire ces deux objectifs à la fois. C’est ça le développement durable, une position ambitieuse, avec une part de risque mais aussi une volonté collective d’un ensemble de professions.
Face à ce constat pour le bâtiment, on ne peut qu’être consterné par le spectacle donné par l’Agriculture. Un secteur qui connait manifestement une crise profonde, et un avenir incertain avec l’évolution de la Politique agricole commune, et des échanges internationaux de plus en plus ouverts. L’environnement y tient un rôle important, au point qu’un directeur le l’agriculture à l’OCDE a pu affirmer, il y a plus de 10 ans, que les politiques environnementales auront un impact peut-être plus fort sur l’agriculture que les politiques agricoles. Le sens de l’histoire est bien sûr de relever tous les défis à la fois, un revenu décent pour les agriculteurs, une production de denrées pour l’alimentation et de matières premières pour l’industrie, le bâtiment, l’énergie, et une contribution affirmée à la protection de l’environnement (régime et qualité des eaux, Paysage, biodiversité, sols, etc.). Toute autre solution serait une victoire à la Pyrrhus, une amélioration immédiate dont le coût final serait bien lourd. Le report à plus tard de cette phase de rupture et d’innovation est un grand classique, encore un instant Monsieur le bourreau ! Il n’arrange rien, et ne fait qu’amplifier les changements qu’il faudra bien engager, par exemple pour lutter à la source contre les marées vertes et créer des exploitations lait-biogaz comme on les trouve en Allemagne, offrant à l’agriculteur un revenu diversifié, et luttant efficacement contre une pollution agricole. Productivité et respect de l’environnement ne sont pas ennemis, c’est juste une autre approche, une autre manière de voir les choses. L’hypothèse d’un desserrement des contraintes environnementales, émise au salon de l’agriculture qui vient de fermer ses portes, serait un retour au passé. Attention à ne pas se tromper de futur.
1 - Dans Regards sur le monde actuel
2 - Pierre Viansson-Ponté dans Le Monde daté du 15 mars 1968
3 - Arcadie, Essais sur le mieux vivre, 1968
4 - Halte à la croissance ? titre français d'un rapport rédigé en 1970 par une équipe du Massachusetts Institute of Technology à la demande du Club de Rome et publié sous le titre The Limits of Growth (Les limites de la croissance).
Chronique publiée sur le Moniblog le 7 mars 2010
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Écrit par Dominique Bidou
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Lundi, 01 Mars 2010 16:14 |
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L’importance des émotions en géopolitique a été parfaitement décrite par Dominique MOÏSI (1), et elle se décline aussi en politique nationale. L’étude du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) que LeMoniteur.fr a présentée du 23 février dernier nous en donne une illustration frappante. Trois émotions constituent l’essentiel du paysage décrit par D. MOÏSI, l’espoir, l’humiliation, et la Peur. Ce sont trois fils que l’on peut tirer, et auxquels sont attachés la plupart des sentiments collectifs, comme la confiance d’une population en elle-même. La confiance, un Capital social déterminant. C’est lui qui communique sa Dynamique à une société, lui donne des perspectives et contribue puissamment à la cohésion sociale tant recherchée. Comment participer à une construction collective, et forcément à des confrontations, si l’on n’a pas confiance en soi ? Nous avons tous besoin de figurer dignement dans notre milieu, notre micro société, face à nos voisins, nos collègues, nos partenaires, tous ceux que nous côtoyons régulièrement ou occasionnellement. Nous en avons besoin pour nous sentir crédibles, légitimes dans nos échanges, chacun avec son origine, sa culture, son expérience. A l’heure à la fois de la mondialisation, avec les brassages de populations qu’elle provoque, et du développement durable, avec l’innovation en tous genres qu’il exige, la confiance en soi est indispensable pour donner de l’espoir. Elle dépend de nombreux facteurs, et le CREDOC nous apprend l’importance du logement : l’habitation ne répond pas seulement à la fonction de se loger, c’est un marqueur social qui étaye les représentations que l’on a de sa position sociale. On pense aux « Quartiers », sensibles ou dégradés selon la manière dont on les nomme, et aux difficultés qu’ont leurs ressortissants pour assumer leur adresse lors d’un entretien d’embauche par exemple. Les « représentations » fonctionnent assurément dans les deux sens, dans la tête du candidat comme dans celle du recruteur. Le logement lui-même contribue aussi à la confiance en soi : vivre dans un logement dégradé nuit à l’image que l’on a de soi-même. Aux mauvaises conditions physiques, surpopulation, vétusté, manque d’entretien, confort et hygiène précaires, s’ajoute donc un volet psychologique sur fond d’humiliation. Une double peine, et surtout une double montagne à escalader pour « s’en sortir ». Difficile de nourrir un espoir quand on ne bénéficie pas d’un logement décent. Le fameux adage « quand le bâtiment va, tout va » trouve une nouvelle signification, si on opère le glissement du bâtiment au logement. Ce n’est pas qu’une affaire d’activité économique, c’est aussi un moteur de dynamique sociale ou même sociétale comme on dit aujourd’hui. C’est le moral des troupes, bien au-delà du bâtiment, qui est en jeu. La France connait une crise du logement, avec des retards dans la construction de logements neufs, et une faiblesse bien connue de politique de rénovation et de modernisation du parc existant. C’est un problème en soi, c’est aussi un Frein pour les évolutions nécessaires de la société française, qui sont bien plus faciles à conduire quand chacun se trouve « bien dans sa peau ». Le développement durable exige une mobilisation de tous le corps social, compte-tenu des Défis à relever au cours des prochaines années. Il lui faudrait donc une population bien logée, et on est loin du compte. Bien pire, les Prix se durcissent, toujours d’après le CREDOC. En 50 ans, le prix des loyers a été multiplié par 18, celui des charges par 26 et celui de l’immobilier par 55, pour un coefficient 10 sur les prix à la consommation. A ce rythme-là, nous ne sommes pas près de voir la crise du logement résolue, aussi bien en quantité qu’en Qualité. C’est dans ce contexte que tombe le Grenelle de l’Environnement. Le logement y trouve une place de choix, pour causes non pas sociales mais énergétiques. Les logements neufs devront être très vite hyper performants, les anciens seront rénovés thermiquement. Comment conjuguer ces ambitions, comment trouver les moyens à la fois humains, financiers et techniques de proposer au plus vite des logements de qualité, bien situés, bons pour le moral de leurs occupants, économes en énergie et accessibles à toutes les bourses ? Le développement durable se révèle ainsi à la fois un objectif et le moyen d’y parvenir. Si l’on attend que nos concitoyens soient tous bien logés et aient ainsi retrouvé espoir et confiance en eux, le développement durable est bien mal parti. Il faut donc trouver dans le développement durable lui-même les ressources pour créer la dynamique et donner l’espoir. Le Grenelle s’inscrit à l’évidence dans cette logique, où le processus et le projet, le résultat attendu, sont intimement mêlés. Un découpage traditionnel, cartésien, avec diagramme PERT ou toutes autres méthodes normatives, risque de ne pas intégrer l’effet « surmultiplicateur » de l’espoir retrouvé. Il convient aujourd’hui, et le secteur de la construction pourrait apporter une contribution essentielle, de faire confiance aux acteurs, ce qui est une des manières de leur redonner confiance en eux. Une confiance exigeante, bien sûr, mais ouverte aux innovations, à la recherche de nouvelles formes d’habitat et de modes de vie. Puisque l'amélioration des conditions de logement est un préalable à la mobilisation de tous les membres du corps social et qu’il y a peu de chances que l'on y parvienne rapidement, retournons la proposition : faisons de l'amélioration du logement un levier pour le développement durable.
(1) Dominique MOÏSI, La géopolitique de l’émotion, Flammarion, 2008. Voir en Notes de lecture
Chronique publiée sur Le Moniteur.fr le 1er mars 2010
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Mise à jour le Lundi, 01 Mars 2010 16:30 |
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Écrit par Dominique Bidou
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Lundi, 22 Février 2010 16:00 |
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Un mot magique : il fait l’unanimité. Tout le monde veut sauver le régime de retraites par répartition. Il reste à savoir ce que l’on répartit, et entre qui. Il y a des années, Alfred Sauvy rappelait que la répartition s’impose du simple fait que les Richesses distribuées une année ont été produites, pour l’essentiel, la même année. Capitalisation et répartition sont des modalités pour déterminer ce dont chacun disposera, mais sur le fond, il s’agit toujours de répartir des richesses produites à une époque donnée. La quantité de richesses produites dépend de nombreux paramètres, notamment le taux d’activité, des hommes, des femmes, des jeunes et des vieux, mais aussi d’une organisation générale de l’économie, de l’intéressement des différents facteurs de production, de Progrès techniques, etc. Globalement, la Productivité du Travail en France est bonne, elle s’accroît régulièrement, et plus vite que la proportion de personnes âgées. Elle augmenterait encore plus vite si le chômage pesait moins lourd : nous avons de bonnes réserves de productivité qu’il serait possible de mobiliser en cas de pénurie côté production. La question lancinante est celle de la répartition. Le cas de la solidarité avec les vieux éclaire le débat. Un jour de travail pour eux, voilà la solution proposée par le gouvernement. Le lundi de Pentecôte (au départ, avec les cafouillages que l’on a connu ensuite) a ainsi été sacrifié sur l’autel de l’amour des anciens et de la reconnaissance que nous leur devons. A défaut, le budget nécessaire aurait du être dégagé sur le budget général de la nation. Ce sont tous les facteurs de production qui auraient été sollicités, avec toutes les formes de fiscalité, Impôt sur le revenu, sur les sociétés, TVA (payée également sur les produits importés), etc. L’appel à la solidarité a donc un effet marquant, celui de transférer la charge de l’ensemble de l’économie aux seuls salariés. Il s’agit donc d’une solidarité bien ciblée, il y a manifestement des personnes plus solidaires que d’autres. Transposons à la retraite. La répartition, oui, mais des seuls actifs vers les retraités. Telle est la règle aujourd’hui. La cotisation patronale entre dans le coût d’un Emploi, elle est donc payée in fine par l’emploi, ne nous faisons pas d’illusion. Seuls les régimes de fonctionnaires échappent à cette règle. Pour eux, c’est bien le budget de l’Etat qui est mis à contribution. L’éclatement des régimes en de nombreuses formules, régime général, des fonctionnaires, des cheminots, des mineurs, des agents de telle ou telle entreprise publique, des agriculteurs, des professions libérales, des artisans, j’en passe surement et des meilleures, est souvent dénoncé. Les inégalités de traitement sont évidentes, et rarement justifiées. Ce ne sont que des Restes d’une histoire sociale mouvementée, bien loin des réalités d’aujourd’hui. Les Pyramides des âges étant ce qu’elles sont, en particulier pour des professions en rapide diminution d’effectifs, les équilibres sectoriels sont impossibles. La solidarité est donc de mise. Pourquoi donc borner cette solidarité aux seuls travailleurs, qu’ils soient salariés ou non ? L’évolution de notre population, son vieillissement, montre que l’on ne trouvera pas l’équilibre en restant dans ce cadre. Il faut en sortir, au lieu de s’acharner à changer tel ou tel réglage, âge de départ ou nombre d’années de cotisation, taux de cotisation. En alourdissant la charge sur le travail, on ne fait qu’augmenter son Prix et on grève ainsi un facteur de production. C’est une incitation à la réduction du nombre de salariés, au profit d’une mécanisation ou d’une informatisation non soumise à prélèvement vieillesse. On ne fait qu’accentuer le problème. C’est comme le chômage. Moins il y a de cotisants et plus il y a de bénéficiaires, c’est la boucle infernale, le cercle vicieux. La réponse apportée au problème ne fait que l’accentuer globalement. Ce n’est pas durable, et la recherche d’autres solutions est nécessaire. On peut estimer qu’un niveau de chômage est incontournable, lié à la mobilité ordinaire et aux besoins continus d’adaptation, et que ce chômage doit être financé sur l’emploi lui-même. Au-delà, c’est le fonctionnement général de l’économie qui est en cause. Ne faire peser les indemnités de chômage que sur l’emploi ne fait qu’en renchérir le coût et accentuer le problème. Les bonnes réponses sont ailleurs. La récente réforme de la Taxe professionnelle illustre d’ailleurs ce besoin d’élargir la base de la contribution. Le développement durable passe par la recherche de solutions originales. Ce n’est pas en restant confinés dans d’anciens modes de pensée, dans des schémas mentaux datés d’une autre époque, que l’on trouvera des solutions. L’affaire des retraites est un exemple de la difficulté à sortir des cadres habituels. Le problème n’est pas dû à une mauvaise Conjoncture, il est plus profond, et les solutions durables sont à trouver ailleurs. Cette recherche est évidemment à risques, il y aura des fausses bonnes idées et des échecs, mais le Risque maximum est de ne rien changer que quelques paramètres, alors que le Système entier est à revoir. La bonne répartition est comme la bonne gouvernance, tout le monde doit y participer.
Chronique mise en ligne le 22 février
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Mise à jour le Mardi, 23 Février 2010 14:29 |
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